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mardi 30 avril 2013

Avis concernant le projet de Schéma Directeur d'Ile de France 2013-2030

Travail sur la ville dense et intense pour protéger (insuffisamment) le bétonnage des terres agricoles, impact sur le logement, les transports, sur l'activité économique, ce schéma régional doit donner lieu à de nombreuses prises de positions.

Vous trouverez ICI ma participation à cette consultation. Faites vous votre opinion et intervenez !

dimanche 31 mars 2013

Enquête publique concernant le Schéma Directeur Île-de-France (SDRIF) 2013-2030

L’enquête publique concernant le Schéma Directeur Île-de-France (SDRIF) 2013-2030 démarre et il faut se mobiliser car ce projet n'est pas satisfaisant sur plusieurs points pour le moment.
Ce schéma vise à planifier la façon dont la région va se construire à l'avenir et il s'impose aux plans municipaux d'urbanisme.
Mercredi dernier, une réunion organisée par la région à la maison de la chimie a permis de lister quelques points sur lesquels il y a matière à discuter.

Exemple : le discours est que ce nouveau SDRIF doit aider à protéger les espaces verts et agricoles du grignotage urbain. Parfait ! Mais concrètement, on nous précise que le droit à rogner sur ces territoires non construits sera de 1328 ha par an jusqu'en 2030 !
D'après un des intervenants, c'est à peu près l'équivalent de ce qui se fait aujourd'hui. Cherchez l'erreur... et cherchez les innombrables élus ravis de faire du développement de tout et de n'importe quoi sans aucune réflexion annexe. Les betteraves ne votent pas hélas.

Le temps de l’enquête publique doit nous permettra de renforcer le projet vers davantage de solidarité et d'écologie.

Au menu :

  • soutenir la préservation effective des terres agricoles et naturelles (montjean, saclay, etc..)
  • soutenir une certaine densification en ville déjà dense mais aussi dans les villes et villages peu denses de grande couronne (à ce jour étrangement exonérée de densification !)
  • rediscuter l'augmentation de 1 à 2 millions d'habitants supplémentaires (avec les infrastructures qui en découlent comme tout le Grand Paris Express) et coupler ce dossier avec une réflexion alternative sur l'aménagement du territoire national
  • engager une coopération solidaire inter-régionale pour un rééquilibrage économique province/paris
  • prendre en compte la problématique des marchandises (transport, plate forme de transfert, stockage etc..)


Oui, il y a du pain sur la planche.

infos ici http://www.enquetespubliques.iledefrance.fr/lenquete-publique-sur-le-sdrif/lenquete-publique/les-modalites

vendredi 25 janvier 2013

Avis concernant le schéma directeur d'Île-de-France 2030


Vincent Gazeilles
25 janvier 2013

Monsieur le Président, chers collègues, cet important dossier concerne l'aménagement du territoire de notre région. Même s'il existe des différences d'appréciations entre nous sur le travail mené par la région, chacun s'accordera sur la difficulté à réaliser un tel plan d'aménagement à horizon 2030.
Je ne prétendrais d'ailleurs pas que le schéma proposé n'appelle pas de critique. Je vais en faire quelques-unes, et d'autres également concernant votre rapport d'analyse qui alterne remarques de fond et attaques politiciennes.

Le projet d'aménagement du territoire régional qui nous est proposé table sur une augmentation de la population francilienne qui atteindrait entre 12,4 et 13,4 millions d'habitants en 2030 selon les projections, ce qui aura inévitablement un impact sur nos territoires.
C'est l'occasion de rappeler l'intérêt d'une réflexion globale sur la natalité, la démographie et la capacité de la planète a accueillir 10 milliards d'habitants dans des conditions convenables.
Il est d'ailleurs amusant de penser que les plus natalistes sont souvent les plus critiques à l'égard des politiques de densification.

Partant de ce principe d'augmentation de la population couplée à une démarche, absolument nécessaire, de préserver les espaces verts et les zones agricoles, il devient évident qu'une densification est indispensable.

À partir de cette base de réflexion, voici quelques remarques.

-- D'un point de vue général, il me semble tout d'abord utile de faire en sorte que toutes les régions françaises se développent sur un pied d'égalité plutôt que de systématiquement concentrer l'activité en Île-de-France. Certains départements se vident faute de développement économique. Ils ont des logements vides.

À la fin de compléter les solutions permettant d'absorber la demande de logements, un travail partenarial inter-régional doit-être engagé pour dynamiser les territoires de province en perte de vitesse économique et dont l'offre de logements est importante. Cette démarche passe par une décentralisation administrative et économique.
Elle passe aussi par des Schémas directeurs cohérents. A quoi sert de densifier ici si on laisse des lotissements et zones d'activités diverses grignoter les espaces péri-urbains de province ?
Je note un très récent soutien du Président du Conseil général à ce sujet. Quel dommage que vous n'ayez pas œuvré dans ce sens lorsque vous étiez ministre ! L'exemple de La Défense est édifiant à cet égard en matière de concentration absurde.

-- Vous critiquez l'objectif de 70 000 logements par an à construire jusqu'à 2030, soit 11 600 dans les Hauts-de-Seine. Je partage partiellement cette critique. Ce chiffre est déraisonnable (doublement de la cadence actuelle) mais n'oubliez pas qu'il a été imposé par le gouvernement Sarkozy et sa loi sur le grand paris ! Ces objectifs ne sont d'ailleurs pas imposés par le SRDRIF si j'en crois la page 10 des orientations réglementaires. Dans tous les cas, il convient de renforcer l'offre de logements en Île-de-France, ce que vous contestez, comme d'habitude.

Les 5 millions de mètres carrés de bureaux vides donnent déjà quelques pistes en matière de transformation possible.
La ville dense, c'est aussi la ville où la voiture individuelle cède largement sa place aux déplacements en transport en commun et aux circulations douces.
Contrairement à vos remarques, une hausse simultanée de la population et du trafic routier au sein de territoires denses comme les nôtres me semblent être une absurdité totale en plus d'une mise en danger des populations par empoisonnement de l'air ambiant.
Reprendre de l'espace sur des zones routières, c'est aussi réduire le bruit et permettre de végétaliser davantage la ville.

-- Toujours en matière de transport, je regrette le manque d'ambition du schéma concernant la limitation du trafic aérien en Île-de-France, cause importante de pollution locale et de production de gaz à effet de serre.

-- Vous signalez que les Hauts-de-Seine sont déjà un département très dense ne pouvant supporter une sur densification. Il convient de regarder cette affirmation au cas par cas, selon les territoires, et de préciser que le schéma prévoit de ne pas imposer de sur densification pour les zones dont la densité d’habitat dépasse 220 logements par hectare (par exemple : Montrouge, Clichy, Puteaux, Courbevoie).

-- À l'inverse, hors de notre département, dans les communes rurales, je note qu'une extension du bâti est autorisé à hauteur de 5 % sur des zones non construites alors qu'aucun objectif de densification n'est fixé. Cette disposition est paradoxale dans des zones où une densification préalable est souvent facilement réalisable. Je propose donc que cette extension de 5 % sur des zones naturelles ou agricoles ne soit possible que si 10 % de densification ont été atteints préalablement.

-- Vous critiquez le ratio emploi/logement en précisant que ce ratio limiterait la création d'activités économiques dans le département. Il faut tout d'abord préciser à ceux qui l'auraient oublié que créer un bureau ne signifie pas créer un emploi. Par ailleurs, si le ratio impose des logements par unité de bureau, l'inverse n'est pas vrai.
C'est l'occasion ici de plaider pour une déconcentration du travail et la baisse des déplacements professionnels subis. La création d'un réseau de bureaux de voisinage francilien permettrait à chacun de télé-travailler près de chez lui dans des bureaux multi-entreprises. Vous créez un réseau THD, servez-vous en !

-- Vous notez également une incohérence entre une densification pour les logements et une hausse souhaitable des espaces verts. Comme déjà dit, le SDRIF laisse aux collectivités la gestion de ce double objectif selon le contexte local.
À propos des espaces verts, je partage cependant votre remarque concernant la nécessité de prendre en compte les espaces verts des zones pavillonnaires, si cela n'était pas le cas. Car il participent aussi à l'oxygénation et au rafraîchissement des villes.

-- Les espaces agricoles sont souvent évoqués et doivent être protégés absolument, y compris les espaces de maraîchage sur des surfaces plus modestes. L'île-de-France est à mille lieux d'être autonome en matière d'alimentation. Malgré tout, cette orientation doit être soutenue et affirmée dans le SDRIF pour limiter notre dépendance et favoriser les circuits courts.

-- Vous regrettez l'absence de cadre global concernant la logistique et le fret. Je partage cet avis même s'il me semble que les compétences associées sont encore largement du ressort de l'État.

-- Enfin, à de nombreuses reprises, vous critiquez la mainmise de la région sur le territoire des Hauts-de-Seine, territoire habitué à vivre sans collaboration avec ses voisins. La liberté d'administration du territoire n'est nullement remise en cause par ce schéma.

Merci de votre attention. Je voterai contre votre avis négatif.