Hier, la réunion du Conseil de Développement durable des Hauts-de-Seine était consacrée au grand Paris. Les sujets de discussion de ce conseil sont choisis par le Président du Conseil général, ce qui fait que, par exemple, jamais le doublement des voies routières en bord de Seine ne fut à l'ordre du jour. Parlons donc du grand Paris.
Politiquement, le grand Paris est un "truc" politique de Nicolas Sarkozy pour reprendre la main sur la région Ile de France pilotée depuis des années par la gauche, au point de nommer spécialement un ministre pour s'occuper de notre cas !
Urbanistiquement, c'est une vision d'architectes développant la région parisienne vers le Havre, et la saupoudrant de quelques gestes architecturaux.
Techniquement, il s'agit une reprise par l'Etat de certains développements urbain et de transport en commun en Ile de France, en parallèle avec ce que fait le syndicat des transports d'Ile de France.
Financièrement, ce sont des milliards d'euros en plus pour des projets plus ou moins farfelus et, plus grave, incompatibles avec des choix de priorités de développement durable. Entre autres :
- délocalisation de nombreuses activités du Sud des Hauts-de-Seine vers le plateau de Saclay et suppression de terres agricoles particulièrement riches
- création de lignes de transport en commun lointaines desservant les aéroports pour satisfaire les hommes d'affaires.
De multiples questions se posent :
Qui a été consulté pour décider de casser tout le travail déjà réalisé patiemment par la région au travers le Schéma directeur de la région Ile de France bloqué par l'État ?
Qui paiera ces projets monumentaux dont la première phase est estimée à 24 milliards d'euros ?
Le rapporteur du dossier a même eu le culot d'affirmer que ces projets sont complémentaires – et non concurrents – des projets déjà engagés par la région (financement des tramways, extensions des lignes de métro etc) ce qui est évidemment faux.
De même, aucun bilan prévisionnel des impacts écologiques dans ces projets de Grand Paris. Soutien aux aéroports, suppression des terres agricoles à Saclay, augmentation des transports est/ouest vers La Défense.
Dans la minute de temps de parole qui me fut allouée par un Président de séance visiblement irrité par toute critique, j'ai dénoncé le manque de sérieux de ce dossier (notamment financièrement) et demandé explicitement un bilan écologique global.
Comme cela était prévisible, le Conseil de développement durable 92 devient de plus en plus inutile, l'exécutif n'écoutant pas les remarques et critiques pourtant justifiés.
J'y reste, sans illusion, au moins pour répliquer à certaines prises de positions en totale opposition avec une logique de développement supportable.
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