Magnifique décision de la ville de Grenoble qui a choisi de refuser le fléau de la publicité dans la ville.

Plus que la préservation des sites, c'est celle des cerveaux qui est absolument nécessaire. Bravo à cette équipe écolo qui ne renonce pas à ses projets.

Grenoble préfère les arbres aux sucettes
AFP 23 novembre 2014 à 13:22 (Mis à jour : 23 novembre 2014 à 17:41)
L'Hôtel de ville de Grenoble le 6 février 2014L'Hôtel de ville de Grenoble le 6 février 2014 (Photo Philippe Desmazes. AFP)
La ville va démonter les panneaux publicitaires exploités jusque-là par JCDecaux pour tenir une promesse de campagne.

En saisissant l’opportunité de ne pas reconduire son contrat avec le groupe d’affichage et de mobilier urbain JCDecaux, Grenoble a décidé de bannir les panneaux publicitaires dans ses rues, pour les remplacer notamment par des arbres. C’est là une promesse de campagne et une première en Europe mise en place par le nouveau maire écologiste Eric Piolle.

«La municipalité fait le choix de libérer l’espace public grenoblois de la publicité en développant les espaces d’expression publique et ne lance pas de nouvel appel d’offre pour de l’affichage publicitaire», indique la mairie dans un dossier de presse publié dimanche. Entre janvier et avril 2015, 326 panneaux publicitaires seront ainsi déboulonnés par le groupe JCDecaux, dont 227 «sucettes» (de moins de 2 mètres de haut), 20 colonnes, et 64 grands panneaux de 8 mètres carrés.

Au total, 2051 mètres carrés de panneaux publicitaires disparaîtront définitivement de l’espace public grenoblois. Les espaces sur les abribus ne sont en revanche pas concernés dans l’immédiat, le contrat signé entre JCDecaux et le syndicat mixte des transports en commun (SMTC) de l’agglomération grenobloise ne prenant fin qu’en 2019.

A la place des panneaux démontés, la métropole rhône-alpine de 160000 habitants promet de planter «une cinquantaine de jeunes arbres avant le printemps». Et à partir de janvier, la municipalité devrait également rencontrer les acteurs locaux pour «convenir avec eux des meilleurs lieux d’implantation» des nouveaux dispositifs d’affichage libre, culturel et municipal.

Seul précédent connu à ce jour, la ville de Sao Paulo au Brésil, qui en 2007 avait décidé d’interdire la publicité omniprésente et intempestive sur ses murs. Ironie de l’histoire, la capitale économique du Brésil a depuis réintroduit l’affichage en signant en 2012 un contrat avec JCDecaux pour la mise en place de 1000 horloges qui doivent donner aux citadins l’heure, la température, la qualité de l’air et des informations municipales.
AFP