Vincent Gazeilles, conseiller général des Hauts-de-Seine (Les Verts)

lundi 24 mai 2010

Bio cohérence, le nouveau label bio français, plus exigent que la molle norme européenne

  L'union européenne tente de baisser la qualité des produits bio :  choisissons le label Bio cohérence.

Tiré de Novéthic :

Les producteurs bio lancent un nouveau label privé

Un nouveau logo pour les produits issus de l'agriculture biologique française apparaîtra bientôt dans les rayons. Celui de Bio Cohérence, marque lancée le 12 avril dernier, à l'initiative de la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique.

L'idée d'une nouvelle marque française a commencé à germer au sein de la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique (FNAB) en 2007, alors que le cahier des charges du label bio européen était en cours de révision. La Commission a en effet retiré aux États membres le droit de compléter ce cahier des charges européen par des réglementations nationales plus contraignantes, jugeant que celles-ci entravaient les échanges commerciaux sur le territoire communautaire. Dès le 1er janvier 2009, les seuls états membres à s'être dotés de règles nationales supplémentaires, la Belgique, le Danemark, la Norvège et la France (avec son label national AB), ont donc revu a minima les critères d'obtention de leurs labels respectifs. De sorte qu'aujourd'hui, le label français AB et le label de l'agriculture biologique européen sont peu ou prou équivalents.

Mais une large majorité  des producteurs bio français ont refusé l'abandon de leurs spécificités hexagonales. 10 000 producteurs, sur les 15 000 que compte la France, se sont donc regroupés avec d'autres acteurs de la filière (notamment les distributeurs Biocoop et BioMonde et l'association Bioconsom'acteurs), au sein de l'association AlternativeBio2009, créée spécifiquement pour élaborer cette nouvelle marque. Après une année de concertations, les critères sont aujourd'hui arrêtés. Comme l'explique Dominique Técher, viticulteur membre de la FNAB et président de Bio Cohérence (association gestionnaire de la marque), « l'engagement des adhérents, qu'ils soient producteurs, transformateurs ou distributeurs, repose sur trois niveaux. D'abord, le respect du cahier des charges européen, condition sine qua non à l'obtention de la marque. Ensuite, le respect d'un cahier des charges supplémentaire, que nous avons élaboré, et qui reprend l'ancienne réglementation française à laquelle nous avons ajouté quelques points qui nous semblaient incontournables. Enfin, les adhérents s'engagent dans une dynamique de progrès, par la signature d'une charte et la réalisation d'un auto-diagnostic. » Plue value essentielle de Bio Cohérence, le cahier des charges supplémentaire contient une soixantaine de contraintes, dont notamment l'interdiction totale des OGM, l'obligation de convertir l'intégralité de l'exploitation à l'agriculture biologique – même si seulement une part de la production est dédiée à ce marché -, produire au minimum 50% de l'alimentation animale consommée sur l'exploitation et limiter les traitements vétérinaires.

Les pouvoirs publics doublés par les initiatives privées

Le label AB s'apprête donc à accueillir un sérieux concurrent. Si les deux logos ne sont pas incompatibles, le dernier-né garantit néanmoins davantage de qualité, à la fois en termes sociaux et environnementaux. Pour Dominique Técher, l'arrivée d'une nouvelle marque privée (aux côtés, notamment, de Nature et Progrès, ou de Déméter), témoigne d'une évolution culturelle positive : « En France, l'héritage de la centralisation est encore très puissant, de sorte que nous sommes en retard par rapport à certains pays européens, où il existe des marques privées très efficaces. » Effectivement, en Grande Bretagne et en Suisse, 80% à 90% des aliments bio consommés sont estampillés d'une marque privée (respectivement Soil Association et Bourgeon). Et depuis la révision du règlement européen, des initiatives similaires à celle de la FNAB sont à l'œuvre en Belgique et au Danemark.

Répondre à l'offensive de la grande distribution

Mais pour les fondateurs de Bio Cohérence, il ne s'agit pas seulement de préserver la qualité du bio français. Depuis l'entrée de la grande distribution sur le secteur, les marques et logos en tout genre ne cessent de fleurir dans les rayons des grandes surfaces. Surfant sur la vague de la consommation responsable, les géants de la distribution alimentaire commercialisent des produits qui ne respectent pas systématiquement des critères sociaux et environnementaux ambitieux. Pour Dominique Marion, président de la FNAB, « la grande distribution est dans un objectif de massification constante, elle ira donc chercher le bio là où il sera le moins cher. » Une stratégie parfois incompatible avec un niveau de qualité élevé. Bio Cohérence entend donc se positionner comme un repère pour le consommateur, un gage de qualité et de respect de tous les acteurs de la filière. D'ailleurs, les acteurs de la grande distribution ne se sont pas, pour l'heure, montrés intéressés par la démarche de Bio Cohérence, de sorte que la marque devrait d'abord apparaître dans les petits circuits de distribution.

Quant au risque de faire fuir les consommateurs en apposant un énième logo sur les emballages, les fondateurs de Bio Cohérence comptent l'écarter en communicant sur la valeur ajoutée de leur marque. « Il s'agit aussi de savoir vers quelle agriculture biologique nous voulons aller. Ce logo symbolise un acte d'achat réfléchi. »

Anne Farthouat
Mis en ligne le : 13/04/2010
© Novethic - Tous droits réservés

jeudi 29 avril 2010

Révolution agricole, pour un retour à la sagesse

La manifestation des agriculteurs à Paris avant hier avait quelque chose de pathétique. Ceux-ci, majoritairement des céréaliers soutenus par la FNSEA sont venus dénoncer leur baisse de pouvoir d'achat. Il étaient là pour critiquer les aides publiques qui seraient moins importantes et commenceraient même à aider moins ceux qui polluent le plus. La révolution ! 


Colère de ceux qui participent depuis des années à l'empoisonnement des terres agricoles à coup de pesticides, herbicides, fongicides, intrants chimiques tout en bénéficiant de millions d'aide de la part de de l'union européenne et de la France !
Colère partiellement légitime quand on regarde comment les multinationales de l'agrochimie, les syndicats et les élus qui les servent ont imposé à (presque) tous un modèle agricole productiviste délirant de part le monde pour mener ces ouvriers agricoles à la ruine, voire au suicide.


Mais colère inévitable qu'il faudra dépasser et vite. Malgré un nouveau rapport parlementaire précisant que les pesticides et les OGM ne sont pas dangereux, ce modèle agricole suicidaire mondialisé ne peut que s'effondrer tant les dégâts qu'il produit sont effarants.
Vive l'agriculture bio et la souveraineté alimentaire !
Hier au cinéma de Clamart : "Solutions locales pour un désordre global" de Coline Serreau, que je recommande vivement à celles et ceux - notamment les agriculteurs - qui veulent en savoir plus.

jeudi 12 novembre 2009

H1N1, vaccin à la carotte.

J'ai reçu un communiqué de presse de l'association végétarienne de France en ce jour de vaccination anti H1N1.

Quel rapport ?

Grippe aviaire, grippe porcine. La prévention c'est la vaccination, nous dit-on.


Ce que n'a pas dit notre bonne ministre de la santé, ce sont les ravages de l'élevage intensif sur la planète et pour ses habitants :

  • Mauvaise pour nos artères ;
  • Ignorante du respect de la vie animale ;
  • Destructrice de forêts anciennes et de ressources agricoles ici et à l'autre bout du monde où la production de bêtes à viandes pour les pays riches va jusqu'à empêcher la production de céréales pour les populations locales ;
  • Génératrice de CO2 et de monceaux d'algues vertes ;
  • Consommatrice d'eau en grande quantité ;
  • Empoisonneuse des eaux de source par les lisiers.


L'industrie de masse de la viande dopée par une consommation excessive engendre aussi assurément la prolifération des virus.

Tant dans une logique de décroissance et de développement supportable que de santé publique, il nous faut nous interroger sur nos modes de consommation et de production.

Oui, on peut vivre en très bonne santé en supprimant ou en réduisant sa consommation de viande. C'est souhaitable et c'est possible.

Et aux grincheux ou aux mâles viriles adeptes du steack quotidien qui craindraient de perdre de leur superbe, je renvoie vers cet article qui laisserait à penser que les végétariens ont une vie sexuelle plus épanouie !

vendredi 19 décembre 2008

Non au projet d'Opération d'Intérêt National du Plateau de Saclay

Conseil général des Hauts-de-Seine.

Voeu présenté par Vincent Gazeilles (Les Verts). 19 décembre 08.

Réponse par Jean Sarkozy         pétition

Le Président de la République a récemment dévoilé son projet d'Opération d’Intérêt National du Plateau de Saclay, projet porté par Christian Blanc, Secrétaire d’Etat au développement de la région capitale. Il apparaît que l'Etat a déjà oublié la loi Grenelle que le gouvernement vient pourtant de faire adopter. En effet, ce projet n'a fait l'objet d'aucune étude d’impact environnemental en préalable et aucun objectif énergétique n’est assigné. Il n’a fait l’objet d’aucune concertation sérieuse avec les populations et les élu(e)s concerné(e)s.

Or il est prévu :

  • la transformation de l'aérodrome de Toussus Le Noble en aéroport d'affaire avec toutes les pollutions et nuisances induites par ce genre d'équipement,

  • le transfert de la faculté d'Orsay sur le plateau loin de tout transport en commun existant alors qu'elle est aujourd'hui à proximité du RER,

  • la création à une échéance indéterminée d'un transport souterrain entre Massy et Versailles d'un coût prohibitif alors que les infrastructures de TC manquent cruellement ou sont insuffisamment développées dans nos villes de la proche banlieue ; alors que les RER B et C ont un besoin urgent de rénovation et modernisation,

  • la création d'une ville de 33 000 habitants en plein champs et une urbanisation continue de Massy à Saclay entraînant la stérilisation de 800 hectares d'espaces agricoles et accentuant le morcellement des terres. Il n'y aurait plus que 1500 hectares d'espaces naturels alors que 2300 hectares cultivables sur le plateau est le minimum pour la pérennisation de sa vocation agricole.

La vision portée par le gouvernement et mise en œuvre dans ce projet d’OIN Saclay participe de la politique actuelle de démantèlement de la recherche publique. Il fragilise des établissements qui, aujourd’hui, concourent à la vitalité scientifique de notre pays, en remettant en cause leurs implantations et leurs projets actuels pour de lointaines et hypothétiques relocalisations sur Saclay, au sein de bâtiments neufs dont on ne voit pas le financement, spécialement en cette période de crise aigue.

Alors que l'augmentation des coûts du transport routier est inéluctable, où la demande des éco-consommateurs de plus en plus conscients et responsables va vers les circuits agricoles courts et de proximité, cette OIN témoigne d'un aveuglement inquiétant du gouvernement qui se prépare à gaspiller 800 hectares de terres parmi les plus fertiles de France, terres limoneuses qui, de plus, résistent bien à la sécheresse.

Cette OIN est aussi en contradiction avec le Schéma Directeur pour la Région Ile de France qui a été adopté par le Conseil Régional après une large concertation. Ce SDRIF prévoit la préservation de 2300 hectares de terres agricoles sur le Plateau de Saclay, l’urbanisation étant conditionnée à une densification préalable de l'existant.

Enfin, il est certain que la délocalisation potentielle d’entreprises situées dans le sud des Hauts-de-Seine vers le plateau de Saclay aura des effets nuisibles sur la taxe professionnelle des collectivités locales, dont le Conseil général des Hauts-de-Seine.

L'assemblée départementale réunie en séance publique ce 19 décembre 2008,

  • demande à l'Etat une étude d'impact afin d'évaluer les risques financiers pour notre collectivité comme pour tout le sud de notre département. Au moment où l'Etat diminue ses dotations, il ne serait pas admissible qu'il engage des projets menaçant les taxes professionnelles de nos territoires, à moins de garantir au préalable une péréquation de reversement.

  • demande que l'Etat et le gouvernement laisse la Région Ile de France et ses collectivités territoriales décider elle-même de leur destin, ce qui passe par leur souveraineté dans l'aménagement de leur territoire,

  • demande que le gouvernement retire ce projet d'OIN et que tout nouveau projet concernant ce territoire soit en cohérence avec le nouveau SDRIF en particulier pour ce qui concerne la sauvegarde des espaces naturels et le maintien de la vocation agricole du Plateau avec au moins 2300 hectares de terres cultivables.




Réponse de Jean Sarkozy

Plusieurs affirmations contenues dans la communication du groupe socialiste et vert appellent une réaction ferme :

L’idée d’une souveraineté des collectivités territoriales, mentionnée dans la conclusion du texte est particulièrement choquante. Cela signifie-t-il que le gouvernement de la république n’aurait pas son mot à dire sur les choix stratégique de la région capitale ? Dans le cas particulier du plateau de Saclay, cela signifie-t-il que l’Etat n’a pas son mot à dire pour s’assurer que les multiples institutions de recherche et d’enseignement supérieur présentes sur ce territoire connaissent un rayonnement optimal ? Alors même que toutes ces institutions sont sous la tutelle de l’Etat qui leur fournit l’essentiel de leurs ressources ?

La demande de retirer le projet d’OIN pour le plateau de Saclay est également extravagante. Le plateau de Saclay est identifié depuis 20 ans comme un site exceptionnel, peut-être unique en Europe, en matière de potentiels technologiques et scientifiques. Or depuis 20 ans rien n’est fait pour valoriser ces potentiels. Le plateau de Saclay est une morne plaine, terriblement mal desservie, invisible sur la carte mondiale des grands centres scientifiques, incapable de générer un dixième des créations d’entreprises que l’on peut attendre d’un tel regroupement de talents… cette situation est-elle de nature à satisfaire le groupe socialiste et vert ? Est-il à ce point urgent de rien faire ?

A propos du projet de SDRIF, rappelons d’abord qu’un tel document d'orientation ne peut être adopté que s'il satisfait à la fois la Région et l'Etat. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. La façon dont est abordée la question du plateau de Saclay dans le document élaboré par la région explique en partie cette insatisfaction : aucune ambition n’est affichée pour ce territoire. Les recherches menées aujourd'hui dans les labos situés sur le plateau de Saclay pourraient permettre de multiples avancées technologiques très attendues, comme la voiture propre, le traitement des maladies neuro-dégénératives… Avouons que nous sommes bien loin d’un débat théologique sur la nécessité de conserver 1800, 2100 ou 2300 hectares de cultures céréalières…

Enfin, pour rappeler quelques vérités :

Post Scriptum : les élus Verts et socialistes croient-ils vraiment que si un mécanisme de péréquation de la TP était mis en place, le département des Hauts-de-Seine en serait bénéficiaire?

 




Remarque :

"nous sommes bien loin d’un débat théologique sur la nécessité de conserver 1800, 2100 ou 2300 hectares de cultures céréalières…"

Ah ces jeunes élus UMP de la ville, nés avec une console de jeux dans les mains, difficile pour eux de comprendre que ce qu'ils trouvent dans leur assiette vient de la terre. C'est pourtant la réalité et voila notamment pourquoi il faut refuser cette opération.