Base de l'intervention pour le Conseil municipal de Clamart du 30 janvier 2013
Vincent Gazeilles,

Monsieur le Maire, cher collègues,

Je souhaite intervenir sur un volet trop souvent ignoré des politiques de gestion de la voirie. Il s'agit de notre capacité à gérer convenablement l'eau pluviale sur ces espaces publics particuliers.
Il est certain que ce sujet ne suscite pas l'intérêt de la majorité des élus et des services. C'est pourtant une question essentielle de développement durable dans nos villes très urbanisées. Rappelez-vous que lorsque nous sommes intervenus, il y a 10 ans, concernant le besoin de meilleure isolation des bâtiments, nous étions également mal compris. Et pourtant, nous avions raison...

La gestion des eaux pluviales à la parcelle fut introduite dans le plan local d'urbanisme en 2005, grâce aux Verts. A Clamart, nous imposons une limitation du rejet maximum d'eau pluviale (2 l/s/ha) afin d'éviter les inondations dans les collecteurs publics et les caves des clamartois.
Cette disposition permet également d'utiliser judicieusement l'eau de pluie à domicile pour l'arrosage, les toilettes, à la machine à laver par exemple. Je précise, pour les perplexes, que ce type d'installation existe à Clamart. Elle sont même subventionnées par le Conseil général.
Des aménagements d'infiltration en pleine terre permettent également d'augmenter la végétalisation des espaces urbains et de protéger la ville des phénomènes de surchauffe d'été, phénomène de plus en plus à craindre avec le changement climatique.

Que constatons-nous aujourd'hui concernant la rénovation des voiries routières ? La gestion des eaux pluviales est totalement ignorée. C'est une erreur car la surface concernée est loin d'être négligeable. À Clamart, si l'on prend une base de 100 km de voirie de huit mètres de largeur, nous atteignons 80 ha soit 15% de la ville construite !
La Mairie est donc le premier propriétaire producteur d'eau de pluie en trop grande quantité. Une gestion vertueuse ou négligente de ces espaces étanches a donc un impact non négligeable.

Ce travail de limitation des eaux pluviales rejetées à l'égout lors des travaux de voirie routière peut passer par un stockage temporaire ou, plus intelligemment lorsque c'est possible, par une infiltration  directe dans la terre au travers de caniveaux drainants.

Le Conseil général travaille dans ce sens depuis plusieurs années. Pourquoi la ville de Clamart serait-elle incapable de faire de même ? Nous l'avons plusieurs fois demandé.
Autrement, ce sont d'énormes ouvrages de rétention des eaux sales et inutilisables qu'il faudra construire, à l'instar du projet de 23 000 mètres cube de stockage à Issy-les-Moulineaux pour un montant de 30 millions d'euros !
J'ai également noté un projet de destruction d'une partie du parc Maison-Blanche pour l'installation d'un bassin de stockage des eaux sales en souterrain.
C'est une très mauvaise idée et je m'oppose à ce projet. Il faut agir en amont et pas en aval.

Si les élus écologistes étaient davantage écoutés, un chargé de mission en charge du développement durable pourrait largement développer ce dossier. Ce poste n'est toujours pas effectif hélas, et c'est très symbolique.

Compte tenu de multiples interventions dans ce sens restées sans effet, nous nous abstiendrons sur ce dossier.

Je vous remercie.