Avec un marché en croissance de 20% et + 40% de fermes en
1ère année de conversion en 2016, l’agriculture bio est le secteur
le plus
dynamique de l’économie française. En ces temps de crise agricole et
de
chômage, on s’attendrait à ce que la croissance de ce secteur qui
emploie deux
fois plus de main-d’oeuvre que l’agriculture conventionnelle suscite
l’attention des pouvoir publics. C’est tout le contraire qui se
passe !
A cause d’une gouvernance Etat – régions totalement
défaillante, de nombreux agriculteurs bio sont en grande difficulté
financière,
malgré la bonne santé de leurs exploitations.
En effet, la totalité des aides à la conversion et à la
reconnaissance des services environnementaux (dites “maintien”),
ainsi que
certaines mesures agro-environnementales (MAEC) dues au titre des
années 2015
et 2016, et sur lesquelles les agriculteurs bio comptaient, ne leur
ont
toujours pas été versées ! Soit 2 ans de retard !!! Certes, des
avances (ATR)
ont été versées, mais elles sont largement insuffisantes.
Témoignage d’un agriculteur en conversion
bio en Lorraine
« J’avais déjà en tête le passage en bio
depuis plusieurs
années, j’ai pris le temps de mûrir mon projet. Je me suis
engagé en 2015,
sécurisé par les aides à la conversion mises en place dans le
cadre de la PAC.
J’avais prévu de toucher 53 700 € d’aide à la conversion par
an... Pour 2015,
je n’ai touché que 16 000 € d’ATR et rien pour 2016. En lien
avec mon projet de
conversion, j’ai réalisé des investissements notamment pour le
nettoyage et le
stockage des céréales. Mon plan d’investissement repose en
partie sur les aides
PAC. Aujourd’hui, j’ai un découvert de 100 000 € à la banque.
J’ai la chance
d’avoir un conseiller bancaire qui me suit mais si le solde 2015
ne tombe pas
avant fin mars, la banque ne me suivra plus... et là je ne sais
pas ce que je
vais faire ! »
QUI VEUT CASSER LA DYNAMIQUE
DE L’AGRICULTURE BIO FRANÇAISE
?
Déjà, l’an dernier, à la même période, la Fédération
Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) tirait la sonnette
d’alarme et
interpellait le Ministère. Les manifestations de mécontentement se
sont
multipliées dans plusieurs régions. Mais rien, ou presque, n’a bougé
!
Le Président de la République et son Ministre de
l’agriculture porteront-ils en cette fin de mandat la responsabilité
d’avoir
brisé l’élan de l’agriculture bio française ? Porteront-ils la
responsabilité
d’empêcher les agriculteurs de répondre aux attentes des
consommateurs, quitte à
favoriser les importations ?
De nature pacifistes et patients, les paysans bio rechignent
à perturber l’ordre public pour faire valoir leurs droits. Mais
aujourd’hui, la
situation est aussi absurde qu’intenable et, à force de promesses
non tenues,
la confiance est rompue.
La FNAB demande le paiement immédiat des aides 2015 et 2016
et la prise en charge par l’Etat et les régions des intérêts sur
les prêts
contractés par les paysans bio pour faire face aux retards.
La FNAB appelle à la mobilisation de tous pour faire valoir ces revendications.
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