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mardi 28 octobre 2014

UMP, PS, même silence effrayant après le décès d'un militant écologiste opposé à un projet absurde de la FNSEA

Je relaie ci-dessous un article d'arrêt sur images.

UMP, PS, même silence effrayant après le décès d'un militant écologiste, tué par la police dans le cadre d'un projet absurde contesté par tous les écologistes. Cette affreuse affaire met en lumière deux axes antagonistes autour d'un modèle pourri et pollueur qui sert les intérêts des plus puissants.

D'un coté un système politique dépassé par les enjeux d'avenir et de l'autre, des jeunes de plus en plus mobilisés contre ce qu'ils considèrent à juste titre comme des choix anachroniques et inadaptés à leur avenir. Ferme des mille vaches, aéroport notre dame des landes, barrage de Sivens, Iter, EPR, la liste est longue des projets aussi inutiles que coûteux. Mais ces jeunes opposants n'ont pas la chance des bonnets rouges ou des militants de la FNSEA qui peuvent tout casser sans jamais être inquiétés. Eux sont des défenseurs de la France profonde tandis que les jeunes militants écologistes pourtant clairvoyants sont si rapidement taxés d'ultra gauchistes ou d'éco-terroristes.

Triste époque.

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Rémi Fraisse, et le silence de l'Etat

Pas un mot. Pas un mot de Hollande. Pas un mot de Valls. Pas un mot de Royal. Pas un mot de Le Foll. Pas un mot de Cazeneuve. Pas un mot de Cambadélis. Pas un mot d'aucun gouvernant socialiste, après la mort de Rémi Fraisse, le jeune manifestant contre le barrage de Sivens, dans le Tarn, dont le premier rapport d'autopsie indique qu'il est mort "après une explosion", lors d'un échange de projectiles entre manifestants et gendarmes, cocktails molotov contre grenades assourdissantes. Pas un mot (ah si. On me souffle (1) que Cazeneuve a envoyé un communiqué lundi soir, peu avant minuit, soit plus de 24 heures après la nouvelle, communiqué dans lequel il "pense à la famille et aux proches" de la victime). L'expression de la révolte et de la douleur est laissée aux écolos -il fallait entendre Cécile Duflot ce mardi matin, sur France Info. Mais peut-être n'ont-plus de mots. Peut-être n'ont-ils plus de larmes. Peut-être les ont-ils toutes versées pour le PDG de Total, dont les obsèques se déroulaient lundi, en présence de Hollande et Valls.

Rémi Fraisse était botaniste bénévole à Nature Midi-Pyrénées, association affiliée à France Nature Environnement, association qui n'est pas connue pour être un repaire de boutefeux. Il venait de passer un BTS environnement. Soyons prudent : on ne sait pas d'où venait le projectile qui l'a tué. Mais on sait qu'il est mort pour ses idées. "Mourir pour des idées, c'est une chose, mais c'est quand même relativement stupide et bête." Qui a proféré ces fortes paroles ? Le président (socialiste) du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac. (2) Soyons prudent : on ne connait pas la pensée profonde du président (socialiste) du Conseil général du Tarn. On ne sait pas si c'est Rémi Fraisse, que Carcenac juge "relativement stupide et bête", ou si c'est la situation elle-même.

Sur la brutalité apparemment très particulière dont font preuve les gendarmes dans l'occupation de Sivens, sur les réserves techniques émises sur le projet de barrage lui-même par un rapport d'experts du ministère de l'environnement, tout est dit, et très bien, par cet article de Mediapart (3). En gros, le projet est surdimensionné, les études ont été bâclées, mais on ne peut pas l'arrêter, maintenant que les opérations de déboisement ont commencé. Et si on l'arrête, on perd le bénéfice des subventions européennes qui doivent le financer partiellement. Toutes les informations sur le mouvement sont par ailleurs disponibles sur le blog Tant qu'il y aura des bouilles (4). Sur tous ces aspects, pas plus que sur la mort d'un jeune écolo de 21 ans, le gouvernement ne dit rien. Sur les projets pharaoniques qui transforment l'un après l'autre l'agriculture française, sur Sivens comme sur la ferme de Mille vaches (5), peut-être n'ont-ils tout simplement plus de mots.

Rémi Fraisse, et le silence de l'Etat

Pas un mot. Pas un mot de Hollande. Pas un mot de Valls. Pas un mot de Royal. Pas un mot de Le Foll. Pas un mot de Cazeneuve. Pas un mot de Cambadélis. Pas un mot d'aucun gouvernant socialiste, après la mort de Rémi Fraisse, le jeune manifestant contre le barrage de Sivens, dans le Tarn, dont le premier rapport d'autopsie indique qu'il est mort "après une explosion", lors d'un échange de projectiles entre manifestants et gendarmes, cocktails molotov contre grenades assourdissantes. Pas un mot (ah si. On me souffle (1) que Cazeneuve a envoyé un communiqué lundi soir, peu avant minuit, soit plus de 24 heures après la nouvelle, communiqué dans lequel il "pense à la famille et aux proches" de la victime). L'expression de la révolte et de la douleur est laissée aux écolos -il fallait entendre Cécile Duflot ce mardi matin, sur France Info. Mais peut-être n'ont-plus de mots. Peut-être n'ont-ils plus de larmes. Peut-être les ont-ils toutes versées pour le PDG de Total, dont les obsèques se déroulaient lundi, en présence de Hollande et Valls.

Rémi Fraisse était botaniste bénévole à Nature Midi-Pyrénées, association affiliée à France Nature Environnement, association qui n'est pas connue pour être un repaire de boutefeux. Il venait de passer un BTS environnement. Soyons prudent : on ne sait pas d'où venait le projectile qui l'a tué. Mais on sait qu'il est mort pour ses idées. "Mourir pour des idées, c'est une chose, mais c'est quand même relativement stupide et bête." Qui a proféré ces fortes paroles ? Le président (socialiste) du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac. (2) Soyons prudent : on ne connait pas la pensée profonde du président (socialiste) du Conseil général du Tarn. On ne sait pas si c'est Rémi Fraisse, que Carcenac juge "relativement stupide et bête", ou si c'est la situation elle-même.

Sur la brutalité apparemment très particulière dont font preuve les gendarmes dans l'occupation de Sivens, sur les réserves techniques émises sur le projet de barrage lui-même par un rapport d'experts du ministère de l'environnement, tout est dit, et très bien, par cet article de Mediapart (3). En gros, le projet est surdimensionné, les études ont été bâclées, mais on ne peut pas l'arrêter, maintenant que les opérations de déboisement ont commencé. Et si on l'arrête, on perd le bénéfice des subventions européennes qui doivent le financer partiellement. Toutes les informations sur le mouvement sont par ailleurs disponibles sur le blog Tant qu'il y aura des bouilles (4). Sur tous ces aspects, pas plus que sur la mort d'un jeune écolo de 21 ans, le gouvernement ne dit rien. Sur les projets pharaoniques qui transforment l'un après l'autre l'agriculture française, sur Sivens comme sur la ferme de Mille vaches (5), peut-être n'ont-ils tout simplement plus de mots.

lundi 27 octobre 2014

Gouvernement socialiste et maires UMP unis pour détruire les logements des plus fragiles à la veille de la trêve hivernale

Dans le cadre de la circulaire interministérielle du 26 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites, l’État a confié à Adoma une mission de diagnostic sanitaire et social aux fins d'accompagnement social et d'insertion des habitants du bidonville situé près du rond-point du Petit-Clamart à Châtenay-Malabry.

Mais parallèlement à cette initiative qui nécessite un délai raisonnable de mise en œuvre, l’État entend procéder à l’évacuation brutale et immédiate du bidonville. Celle-ci serait programmée dans les prochains jours pour éviter de tomber sous le coup de l’interdiction de la trêve hivernale.

L'association Clamart citoyenne et ses élus dénoncent cette tentative de passage en force de l’État socialiste, étonnamment prompt à suivre à la lettre les positions stigmatisantes des maires UMP du secteur.

Les conditions de vie du bidonville sont évidemment inacceptables à notre époque. Mais la nécessité de résorber ce problème doit conduire à offrir aux personnes des conditions d’insertion sérieuses et décentes. La préfecture doit attendre les conclusions du diagnostic qu'elle a elle-même demandé. Comment mettre en œuvre les préconisations d’Adoma si les familles sont évacuées, dispersées, et pour certaines, expulsées hors de France ?

L'association Clamart Citoyenne demande au ministre de l'intérieur de surseoir à cette évacuation prématurée et apporte tout son soutien aux associations (Ligue des droits de l'Homme, Amnesty International, Secours catholique, ATD Quart Monde, Rom Europe) qui participent depuis cinq ans à l'accompagnement des habitants concernés . Elle agira par tous les moyens à sa portée pour empêcher une évacuation indigne, inefficace, inhumaine et démagogique.

Vanessa Jerome, Pierre Carrive, Vincent Gazeilles

Élus locaux et membres de l'association Clamart Citoyenne


Contacts :
Vanessa Jérome vanessa.jerome@clamart-citoyenne.fr 06.12.70.76.64
Pierre Carrive pierre.carrive@clamart-citoyenne.fr 06.62.47.24.60
Vincent Gazeilles contact@gazeilles.fr 01.40.95.14.31
Nathalie Levray nathalie.levray@wanadoo.fr 06.33.30.50.22

dimanche 26 octobre 2014

Jardin musée Albert Kahn: "Qu’avez-vous fait Monsieur le conseiller général ?"

Hier matin, samedi 25 octobre, Alain Baraton, jardinier en chef du parc de Versailles et chroniqueur sur France-Inter, est intervenu à 7H43 au cours du « 7-9 du week-end » pour lancer un appel à l’aide pour sauver la diversité du jardin Albert Kahn situé à Boulogne-Billancourt (au niveau du pont de Saint-Cloud). Pour lui, le projet de reconstruction du jardin musée mené par le conseil général des Hauts-de-Seine menace la biodiversité de cet espace. Pour lui, personne ne proteste contre ce projet. Différents auditeurs qui ont entendu cette chronique m’ont saisi. Qu’avez-vous fait Monsieur le conseiller général, qu’as-tu fait Vincent ?

Depuis le lancement de ce projet en 2010, je m’y suis toujours opposé estimant que la flore de ce jardin était menacée et que son coût était trop élevé. J’ai même fait part de la possibilité d’une extension des espaces d’exposition des autochromes en utilisant les maisons de maître adjacentes au jardin inoccupées.

En cohérence avec mes positions, à chaque délibération présentant ce projet j’ai voté CONTRE et à chaque fois j’étais TOUT SEUL.

Une enquête publique a été menée entre le 6 janvier et le 7 février 2014. Le commissaire enquêteur n’a quasiment reçu que des avis positifs ! Toutes les étapes juridiques préalables ont été réalisées, le projet est désormais rentré dans sa phrase active.

La question sur ce projet a tourné autour du développement de la culture dans les Hauts-de-Seine : « il faut y promouvoir la culture » ; il en a été de même avec la construction de la cité de la musique sur l’île Seguin. Face à mes remarques sur cette politique culturelle pharaonique et destructrice, combien de fois ne m’a-t-on pas dit : « vous n’aimez pas la culture » !

Oui j’aime la culture, la culture pour tous, la culture qui préserve la diversité florale, la culture ouverte à toutes les cultures.

En conclusion, je sais qu’une association d’environnement travaille sur un possible recours. Je leur souhaite bonne chance car l’actuel président du conseil général en fin juriste qu’il est à verrouiller ce dossier d’une telle façon qu’il semble difficile d’y trouver une faille.

Il revient donc à Alain Baraton de continuer son combat en usant de la possibilité qu’il a d’avoir porte ouverte dans les médias nationaux.

Celui-ci pourra, s'il tient à être juste, rectifier son propos concernant l'absence de contestation politique relative à ce dossier...

 

mercredi 22 octobre 2014

Total, un serviteur zélé de la destruction de la planète nous a quittés

Le PDG de Total vient de se tuer en Russie avec l'équipage de son jet privé. Et du Président de la République française aux simples employés des raffineries, tous semblent vaciller devant ce que la plupart des média traite comme un drame national. Le petit premier ministre salue un grand capitaine d'industrie.

Loin de moi l'idée de me réjouir de cette disparition brutale mais je ne pleurerai pas. Je rappelle que Total est cette entreprise qui, entre autres, a souillé les mers et les plages bretonnes, traficoté avec la junte birmane pour que des esclaves construisent un gazoduc, corrompu tant de dirigeants africains pour exploiter des ressources pétrolières à moindre frais, communiqué de façon mensongère pour valoriser ses activités et réalisé des milliards de bénéfice annuel sans payer d'impôts ou si peu, le tout en licenciant partout où la rentabilité était insuffisante. La course aux gaz de schiste et au chaos climatique continuent sous l'impulsion du feu président de Total.

Accepter un « boulot » chez Total quand on a besoin de payer son loyer et de manger tous les jours est une démarche compréhensible. Mais choisir de prendre le poste de Président Directeur Général de cette multinationale maléfique relève d'une autre approche : celle qui sert le système et le protège, coûte que coûte.

On va me dire emploi, patriotisme, énergies renouvelables. On va me prétexter que si ce n'est lui, ce sera son frère, que si Total ne prend pas la place, d'autres entreprises sans foi ni loi la prendront. Ma critique reste fondée. On ne change pas le monde en soutenant l'inverse de ce qui est souhaitable.

samedi 18 octobre 2014

Intervention concernant le rapport de développement durable

17 oct 2014. Vincent Gazeilles, conseiller général des Hauts-de-Seine (Europe Écologie Les Verts)

Comme chaque année, ce rapport sur le développement durable est l'occasion pour moi de dire combien cette problématique est ignorée du département dès lors que de véritables évolutions de fond sont nécessaires.
En matière de haute communication environnementale, là où l'effort à porter est inexistant ou faible c'est parfait ! En matière d'évolution concrète pour réduire notre empreinte écologique départementale, c'est, comme chaque année, la même désillusion.

Quelques exemples :

Vous mettez en avant le véhicule électrique comme action exemplaire. C'est une tromperie pour décideurs productivistes, le bilan environnemental de ce système est catastrophique, et bien sûr jamais évoqué.

Vous comptabilisez vos consommations en énergie finale et non en énergie primaire, ce qui est intellectuellement malhonnête et minimise artificiellement ces consommations.

Un plan départemental d'isolation des bâtiments n'est toujours pas à l'ordre du jour, il serait pourtant créateur d'emplois non délocalisables.

Vous avez intégré le bâtiment du pôle universitaire Léonard de Vinci dans notre patrimoine sans engager aucune évolution du poste énergie alors que ce bâtiment nous coûte à lui seul 10 % de la facture totale. J'avais plaidé pour des alternatives au moment de cette décision et vous n'avez rien fait.

Vous n'utilisez toujours pas plus d'un tiers de papier recyclé et les encres écologiques ne sont toujours pas généralisées.

Vous avez refusé le projet d'un réseau départemental de ressourceries-recycleries malgré un soutien du préfet de l'époque dans le cadre de l'économie sociale et solidaire.

Vous soutenez des élargissements de voirie routière qui font augmenter le trafic routier alors que celui-ci génère pollution de l'air et maladies respiratoires au plan local et gaz à effet de serre au plan global.

Il n'y a toujours pas de prise en compte d'un réseau cyclable départemental cohérent. Vos aménagements routiers sont systématiquement oublieux des circulations cyclables ou piétonnes dès lors que l'automobile est pénalisée. Vous préférez transformer les voiries départementales en parking géant plutot que de mettre en place des bandes cyclables. Rien d'étonnant pour des élus qui ne se déplacent qu'en voiture avec chauffeur et n'ont jamais vu un pass Navigo.

Vous soutenez le développement des tramways, ce qui est positif, tout en refusant les nombreuses possibilités de bus en site propre, pourtant bien moins coûteuses et qui permettrait de mailler rapidement le département en transports en commun efficaces.

Je salue, comme chaque année, la bonne gestion des parcs et jardins mais ne peux m'empêcher de relever la destruction programmée de 5 ha de forêts pour cause de spéculation immobilière dans le cadre du projet de tramway Antony Clamart. Les arbres ne votent pas, hélas, pourtant, nous avons besoin d'eux.

Je dénonce le manque d'ambition en matière d'alimentation biologique dans les collèges alors que cette filière est profitable tant pour la santé des élèves que pour l'environnement (sol, nappes d'eau, air), et par ailleurs créatrices d'emplois en quantité bien supérieure à l'agriculture polluante agrochimique.

Vous refusez la généralisation des écobilans pour l'ensemble des achats et opérations du conseil général (bilan carbone, biodiversité, génération de déchets nucléaires, analyse de l'énergie grise, etc.). Or cette analyse est indispensable pour prendre conscience des bons choix et options à opérer. Idem pour les tableaux de bord nécessaires mais hélas absents.

Les incitations à l'efficacité énergétique chez les bailleurs sociaux ne sont toujours pas indexées sur les performances attendues, ce qui freine fortement les ambitions.

La gestion des eaux pluviales à la parcelle est largement négligée, malgré des intentions de façade excellentes. Elle est même totalement niée dans le cadre, par exemple, du projet de réservoir géant d'eaux usées à Issy-les-Moulineaux qui nous coûtera 30M€. Ici encore, une gestion différente de ce dossier pourrait créer de nombreux emplois et permettre des économies substantielles d'eau potable.

Enfin, à l'exception notable de l'Arménie, les projets internationaux favorisant la souveraineté alimentaire sont moyennement soutenus, loin de ce qui avait été annoncé.

J'interromps cette liste incomplète. Le Conseil général n'est nullement exemplaire en matière de développement soutenable, fort logiquement puisque son Président, comme ses prédécesseurs, s'en moque. Il en va de même hélas pour le gouvernement actuel et les précédents ce qui est encore plus grave.

Vous avez prétendu l'autre jour Monsieur le Président, que l'écologie était un paganisme moderne ! Voici une nouvelle preuve de votre incompréhension totale du sujet et des enjeux. Quitte à entrer dans un débat philosophique voire anthropologique, je vous répondrai volontiers que placer l'homme au-dessus de la nature comme le fait cette civilisation dite moderne, est la meilleure façon de l'anéantir rapidement. Les peuples « premiers » étaient plus sages que ceux qui interprètent religieusement «  emplissez la terre et la soumettez-la  » comme un droit au pillage de la planète.
En tant que président d'une collectivité ayant pourtant largement les moyens d'agir dans le bon sens, votre insouciance concernant ces sujets vous rend responsable et coupable.
Au nom des personnes souffrant déjà des effets du dérèglement climatique et au nom des générations futures, je ne vous remercie pas et je n'approuverai pas ce rapport.

vendredi 17 octobre 2014

Intervention concernant le rapport de la chambre régionale des comptes au sujet du collège de Courbevoie réalisé en partenariat public-privé.


Monsieur le Président, chers collègues,

Avec ce dossier relatif à la construction du collège de Courbevoie via un partenariat public-privé, dossier lancé sous l'ère Sarkozy / Balkany, c'est un nouveau fiasco départemental que la chambre régionale des comptes analyse sévèrement.

Soucieux de bien servir les intérêts du secteur privé, Nicolas Sarkozy a, via cette opération, fait perdre plusieurs millions d'euros à notre département (5,7 Millions estimés par la Chambre).

Comme je l'avais souligné avec mes collègues communistes lors du vote initial de ce projet, la sous-traitance totale au privé est une démarche coupable tant financièrement qu'en termes d'abandon du pilotage des dossiers publics.

Comme pour le dossier du très haut débit départemental, autre fiasco, à quoi servent autant d'élus dans une majorité s'ils votent systématiquement tous les projets du président du moment ?

Rentrons dans le détail à présent puisque la lecture des 65 pages du rapport est éclairante sur les errements de l'exécutif. Et quel dommage de devoir attendre sept ans pour lire cette analyse. C'est bien tard.

Une des raisons évoquées par l'exécutif pour justifier ce projet était l'urgence. Rappelez vous, les délais étaient si serrés que seul le PPP pouvait réussir...

La chambre précise pourtant que « selon l'évaluation préalable », « le projet ne répondait pas à la condition d'urgence » telle que la loi l'entend pour retenir un PPP.
Très concrètement, le département disposait de 48 mois, au moment de l'évaluation préalable, pour réaliser ce collège en gestion publique soit largement assez au regard des établissements déjà réalisés.
La chambre note que les délais estimés dans l'analyse préalable sont « très élevés » et « peu cohérents avec d'autres opérations » déjà menées en gestion directe.
Pourquoi une telle notation au profit du PPP ?
Une raison était la pollution estimée des terrains.
Mais la Chambre note qu'aucune preuve de pollution particulière n'était fournie pour étayer cette hypothèse. Par ailleurs, le département a hélas déjà eu affaire à des terrains pollués et s'en est occupé en gestion directe sans difficulté majeure.

La troisième raison du choix du PPP aurait été un effectif insuffisant pour gérer ce dossier en interne.
Ici encore, la Chambre démontre que les moyens humains étaient suffisants.
Encore une mauvaise excuse... Cela fait beaucoup.

En matière de coûts et d'estimations comparatives, la chambre, ici encore, remarque que les hypothèses retenues ne correspondent pas à la réalité ce qui se traduit par une sous-estimation du surcoût du PPP.
Facteur aggravant, alors qu'une circulaire de 2005 impose des estimations de coûts appuyées sur des projets concrets similaires, les estimations du Conseil général ne sont «quasiment jamais justifiées ».
De là à penser que tout a été fait pour fausser le comparatif en faveur du PPP, il n'y a qu'un pas. Et je fais ce pas !

La chambre précise que les documents détaillés de l'assistance à maîtrise d'ouvrage pour le choix du PPP n'ont pas été produits. Il sont égarés répond le conseil général ! Ces documents datant de 2006, je m'inquiète vivement de la qualité de l'archivage de nos documents, surtout quand ils peuvent gêner un président en fonction.

Toujours en matière d'assistance et d'éthique, la chambre note la passation d'un marché d'aide technique dans le cadre du PPP plus de deux mois avant la fin de la procédure comparative public / privé et du vote final de la délibération retenant ce PPP.
A l'évidence, tout était bouclé d'avance...

Il s'avère enfin que le département n'a pas saisi officiellement la mission d'appui ah-hoc de l'État mais a obtenu de celle-ci un accord officieux après le lancement de l'opération !
Tout cela est consternant.

Une fois le projet lancé, la procédure de sélection des candidats soulève tout autant de questions.

Une comparaison sur critères de performance est nécessaire. Elle fut inexistante.

La chambre a demandé la communication des relevés des dialogues compétitifs entre les candidats. Toutes ces pièces ont disparu...
Disparues également les propositions prévisionnelles des candidats.
Disparus encore les éléments de présentation du rapporteur lors de la commission d'analyse des offres.

Le 20 octobre 2008, en séance privée, la commission permanente retenait le groupement Fayolle/ Philys / CET / Elyo / Suez en faisant référence à un rapport d'analyse des offres finales daté du 28 juin 2008, rapport dont la chambre nous informe qu'il n'existe pas !

Concernant la complexité extrême du montage et du fonctionnement de ce groupement, la chambre évoque les risques de contentieux à venir. J'y ajoute que tout citoyen et a fortiori tout élu, a droit à des délibérations et annexes compréhensibles. Nous en sommes ici à des années-lumière et je crois que cela n'est pas dû au hasard.

Nicolas Sarkozy, Isabelle Balkany, Patrick Devedjian aiment l'entreprise, eux aussi... Et ça se voit.

La chambre affirme que « les modalités de résiliation sont aussi favorables aux titulaires que ses conditions de rémunération ».

Elle nous confirme que les services du conseil général interviennent parfois en lieu et place du titulaire défaillant. Je ne doute pas que ces prestations seront facturées.

La chambre précise que les indicateurs de suivi du contrat sont minimum. Des rapports techniques doivent être produits en direction du département sous peine de pénalités. Or, ils ne sont pas produits et, quelle surprise, aucune pénalité n'est appliquée.
Ces défaillances de suivi conduise finalement la Chambre à exprimer des doutes sur l'état du bâtiment en fin de délégation.

Voilà monsieur le président et chers collègues, le résumé d'une opération que je qualifierai de honteuse pour votre exécutif et nuisible au service public et à l'intérêt général.
Merci de votre attention.
La cité musicale en PPP sera-t-elle notre prochaine mauvaise nouvelle ?

Vincent Gazeilles, conseiller général des Hauts-de-Seine, Europe écologie des verts
17 oct 2014

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